Cheveux plus fins, queue de cheval moins épaisse, séparation qui devient progressivement plus visible, perte de volume autour du visage… Plusieurs femmes remarquent des changements importants dans leur chevelure pendant la périménopause ou après la ménopause.
Et très souvent, on résume le phénomène à une seule explication : « Ce sont les hormones. »
Les changements hormonaux jouent effectivement un rôle important. Mais ils ne racontent qu’une partie de l’histoire.Au même moment, les follicules pileux vieillissent, leur environnement biologique évolue et certaines prédispositions génétiques peuvent devenir beaucoup plus apparentes. Comprendre ces différents mécanismes est essentiel, parce que toutes les pertes de densité à la ménopause ne se traitent pas de la même façon.
Que se passe-t-il avec les hormones à la ménopause?
Pendant la périménopause puis la ménopause, la production d’œstrogènes diminue progressivement et l’équilibre hormonal se transforme.
Les œstrogènes interagissent avec plusieurs mécanismes impliqués dans la peau et le follicule pileux. Les modifications hormonales qui surviennent à cette période peuvent donc contribuer à des changements dans le cycle capillaire, le diamètre des cheveux et leur qualité.
Parallèlement, la diminution des œstrogènes modifie l’équilibre relatif entre les œstrogènes et les androgènes. Cela ne signifie pas nécessairement que toutes les femmes produisent soudainement énormément plus d’androgènes. C’est plutôt que leur influence relative peut devenir plus importante dans ce nouvel environnement hormonal. Et chez une femme dont les follicules possèdent déjà une susceptibilité génétique aux androgènes, cela peut avoir une importance particulière.
La génétique peut devenir plus visible avec le temps
Certaines femmes possèdent une prédisposition à l’alopécie androgénétique féminine sans nécessairement présenter une perte de densité très évidente lorsqu’elles sont jeunes. Progressivement, certains follicules peuvent toutefois commencer à produire des cheveux de diamètre plus petit. C’est ce qu’on appelle la miniaturisation folliculaire.
Plutôt que de produire un cheveu terminal épais comme auparavant, le follicule produit progressivement une fibre plus fine et parfois plus courte. Lorsque suffisamment de follicules sont concernés, la chevelure commence à perdre visuellement de la densité. La séparation centrale peut devenir plus large, le cuir chevelu plus visible et le volume général diminuer. Les changements hormonaux de la périménopause et de la ménopause peuvent alors contribuer à rendre une prédisposition qui était relativement discrète beaucoup plus apparente. C’est pourquoi deux femmes du même âge et vivant exactement la même transition hormonale peuvent présenter des chevelures complètement différentes.
Les hormones comptent, mais la sensibilité du follicule à ces hormones compte également.
Il faut aussi parler du vieillissement du follicule
Il existe toutefois un autre mécanisme dont on parle beaucoup moins : le follicule pileux vieillit lui aussi. Un follicule est un petit organe extrêmement dynamique. Tout au long de notre vie, il passe successivement par différentes phases de croissance, de transition, de repos et de renouvellement afin de produire de nouveaux cheveux. Mais comme les autres tissus de notre organisme, son environnement biologique évolue avec l’âge. Les mécanismes de réparation et de régénération cellulaire peuvent devenir moins efficaces, tandis que le stress oxydatif et certains phénomènes inflammatoires peuvent augmenter.
C’est ici qu’entre notamment en jeu un phénomène particulièrement intéressant : la sénescence cellulaire.
Qu’est-ce que la sénescence folliculaire?
Lorsqu’une cellule entre en sénescence, elle cesse de se diviser normalement sans nécessairement disparaître immédiatement. Avec le vieillissement, les cellules sénescentes peuvent progressivement s’accumuler dans différents tissus et libérer des molécules capables de modifier leur environnement. La recherche s’intéresse notamment au rôle que ces mécanismes pourraient jouer dans le vieillissement du follicule pileux, la diminution de ses capacités régénératives et certaines modifications observées avec l’âge. Cela ne signifie pas qu’un follicule devient soudainement « trop vieux » et arrête de produire un cheveu.
Le phénomène est beaucoup plus progressif. Et c’est justement ce qui rend le vieillissement capillaire parfois difficile à remarquer. On ne se réveille généralement pas un matin avec 30 % moins de cheveux. On remarque plutôt qu’avec les années, les cheveux sont légèrement plus fins, la queue de cheval est moins volumineuse, la séparation est un peu plus visible et la chevelure semble récupérer moins facilement après une période de chute.
Stress oxydatif et inflammation : deux autres éléments à considérer
Nos follicules évoluent également dans un environnement soumis au stress oxydatif.
Le stress oxydatif apparaît lorsqu’il existe un déséquilibre entre la production d’espèces réactives et les mécanismes antioxydants de l’organisme. Avec le temps, différents facteurs peuvent contribuer à cette charge : vieillissement naturel, rayonnement UV, tabagisme, pollution, inflammation et certaines problématiques de santé. L’inflammation mérite également une attention particulière. Un cuir chevelu présentant une inflammation persistante, des démangeaisons, des rougeurs ou certaines problématiques dermatologiques nécessite une prise en charge adaptée. L’objectif n’est donc pas uniquement de stimuler les cheveux.
Il faut également s’intéresser à l’environnement dans lequel les follicules doivent fonctionner.
Pourquoi certaines femmes perdent beaucoup plus de densité que d’autres?
C’est probablement l’une des questions les plus importantes. Deux femmes peuvent avoir 55 ans, être toutes les deux ménopausées et présenter des densités complètement différentes. Parce que leur chevelure actuelle est le résultat de plusieurs décennies d’influences différentes.
Parmi les facteurs qui peuvent entrer en jeu :
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la génétique;
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la sensibilité des follicules aux androgènes;
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l’historique de pertes de cheveux;
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les grossesses et périodes post-partum;
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certaines maladies ou chirurgies;
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certains médicaments;
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certaines déficiences nutritionnelles lorsqu’elles sont présentes;
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la santé du cuir chevelu;
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le tabagisme;
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l’exposition environnementale;
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le vieillissement folliculaire;
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et les changements hormonaux.
La ménopause n’arrive donc pas sur une page blanche. Elle s’ajoute à toute l’histoire biologique et capillaire de la femme.
Pourquoi une perte de cheveux peut être plus difficile à récupérer avec l’âge
Certaines femmes nous disent quelque chose de très intéressant lors de leur analyse :
« Quand j’étais plus jeune, j’ai déjà perdu énormément de cheveux et tout avait repoussé. Maintenant, j’ai l’impression que chaque chute me laisse avec un peu moins de densité. »
Cette observation mérite d’être investiguée. Avec l’âge, les capacités régénératives des tissus évoluent. Mais surtout, d’autres mécanismes peuvent maintenant être présents simultanément. Une femme peut, par exemple, vivre un effluvium télogène temporaire tout en présentant parallèlement une miniaturisation associée à une alopécie androgénétique. La chute peut alors rendre beaucoup plus visible un affinement qui évoluait déjà progressivement. C’est pourquoi il ne faut pas automatiquement considérer toute perte de cheveux à la ménopause comme une conséquence normale du vieillissement.
La première étape : déterminer ce qui se passe réellement
Avant de choisir un traitement, il faut comprendre la situation.
Lors d’une analyse capillaire, nous cherchons notamment à observer :
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la densité;
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le diamètre des cheveux;
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les variations de diamètre;
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la présence de miniaturisation;
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la répartition de l’affinement;
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l’état du cuir chevelu;
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la présence d’inflammation ou d’accumulations;
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et différents signes pouvant orienter la prise en charge.
Nous prenons également en considération l’historique de perte de cheveux, les changements hormonaux, les médicaments, l’état de santé général et les événements qui pourraient avoir influencé le cycle capillaire. Lorsque nécessaire, nous recommandons également de discuter avec un professionnel de la santé afin d’investiguer certains facteurs médicaux ou hormonaux et d’effectuer les bilans appropriés.
Peut-on agir sur la perte de densité à la ménopause?
Dans plusieurs situations, oui, particulièrement lorsqu’il reste de nombreux follicules actifs. Mais la stratégie dépend entièrement du mécanisme responsable de l’affinement. Il peut être nécessaire de travailler sur la santé du cuir chevelu, de corriger certains facteurs sous-jacents lorsqu’ils sont identifiés et d’envisager des solutions permettant de soutenir les follicules encore actifs. En clinique, différentes technologies peuvent notamment être considérées selon la situation.
Le PRP capillaire
Le PRP est préparé à partir du propre sang de la personne afin d’obtenir un plasma concentré en plaquettes. Les facteurs de croissance libérés par ces plaquettes sont utilisés pour soutenir différents mécanismes impliqués dans l’environnement folliculaire. Le PRP peut notamment être envisagé dans certaines situations d’affinement et d’alopécie androgénétique lorsque les follicules sont encore viables. Puisqu’il est préparé à partir du propre sang de la personne, l’état de santé général, certains médicaments et certaines particularités sanguines doivent également être considérés.
AlmaTED
AlmaTED est une technologie non invasive qui utilise des ultrasons et des ondes acoustiques afin de favoriser la pénétration transépidermique d’une formule contenant notamment des facteurs de croissance et différents actifs destinés au cuir chevelu. Cette approche peut être particulièrement intéressante pour les personnes qui souhaitent travailler sur la densité et l’affinement sans injections. Encore une fois, l’objectif n’est pas de recréer des follicules disparus, mais de travailler avec les follicules toujours présents.
La thérapie par exosomes
Les exosomes sont de petites vésicules extracellulaires impliquées dans la communication entre les cellules. Ils contiennent différentes molécules de signalisation et font actuellement l’objet d’un intérêt important en médecine régénérative et en restauration capillaire. Selon le produit utilisé, la réglementation applicable et la situation de la personne, les approches à base d’exosomes peuvent être considérées comme une autre stratégie visant à soutenir l’environnement de follicules encore actifs. Comme pour toute technologie de restauration capillaire, les attentes doivent toutefois demeurer réalistes : aucun de ces traitements ne peut recréer un follicule qui a été détruit.
Et les traitements hormonaux ou médicaux?
Lorsqu’une composante hormonale ou une alopécie androgénétique est suspectée, il peut également être pertinent de discuter avec un médecin ou un autre professionnel de la santé habilité. Certaines approches médicales peuvent agir directement sur des mécanismes que les traitements réalisés en clinique ne ciblent pas de la même façon. Dans plusieurs situations, la meilleure prise en charge n’est donc pas nécessairement une seule solution. Elle peut nécessiter une approche complémentaire, dans laquelle la santé générale, les facteurs hormonaux ou médicaux, la santé du cuir chevelu et la stimulation folliculaire sont considérés ensemble.
Le meilleur moment pour agir n’est pas lorsque la densité est déjà fortement diminuée
C’est probablement le message le plus important à retenir. La perte de densité associée au vieillissement et à la ménopause est souvent progressive. Et plus un affinement évolue longtemps avant d’être identifié, plus certains follicules peuvent devenir miniaturisés. C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de consulter dès les premiers changements : une queue de cheval moins volumineuse, une séparation qui s’élargit, des cheveux qui deviennent progressivement plus fins, davantage de cuir chevelu visible ou une densité qui ne récupère plus complètement après une chute. L’objectif de la restauration capillaire n’est pas uniquement de tenter de récupérer ce qui a été perdu.
Il est aussi de préserver le plus longtemps possible les follicules et la densité qui sont encore présents.
Vous remarquez un changement dans vos cheveux depuis la périménopause ou la ménopause?
À la Clinique de santé capillaire Noémie Sincerny, l’objectif de l’analyse capillaire est de déterminer ce qui se passe réellement au niveau de votre cuir chevelu et de vos follicules avant de choisir une solution. Nous pouvons évaluer votre densité, le diamètre de vos cheveux, la présence de miniaturisation et l’état général de votre cuir chevelu afin de vous orienter vers une prise en charge adaptée à votre situation. Selon les observations, différentes solutions peuvent ensuite être discutées, notamment le PRP, AlmaTED, la thérapie par exosomes ou d’autres approches complémentaires, lorsque celles-ci sont pertinentes.
Si vos cheveux commencent à changer, vous n’avez pas besoin d’attendre que votre perte de densité devienne importante pour les faire évaluer.